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RÉCITS DE VOYAGES

# 1

L’Italie, ce pays que j’affectionne depuis tant d’années, celui qui me recharge d’énergie dès que j’y dépose un pied, celui qui m’inspire à tous les jours dans mon travail, dans ma cuisine. L’Italie qui sent bon, comme un mélange d’ail, d’huile d’olive et de tomates qui frémissent. Mais à quand déjà remonte mon premier contact avec l’Italie? Ah oui, en 2004…

Je suis partie de Sherbrooke, seule, en autobus jusqu’à Montréal, puis ensuite une navette m’a conduite à l’Aéroport de Dorval. Je suis montée dans l’avion de British Airways qui m’a menée jusqu’à Londres et de là, dans un autre jusqu’à Milan. En silence… tout ce long parcours dans une bulle de silence, comme si je voulais rester concentrée sur ces moments dont j’avais tant rêvé. Mais sur ce vol Londres-Milan rempli d’Italiens en grandes discussions, je sens l’enthousiasme me gagner malgré la fatigue de ma nuit blanche. Il faut que je délie cette langue italienne que je viens d’apprendre avant de débarquer, car je dois demander comment aller prendre le train pour me rendre à Turin. Je vais dire : « Senta, scusa, vorrei prendere il treno per andare a Torino. Lo prendo dall’aeroporto o devo andare nel centro di Milano? » Oui, ça devrait être bon, je crois bien. Oh non! Qu’est-ce qui se passe? C’est quoi cette turbulence juste avant d’atterrir? Et on dirait qu’on tourne autour de l’aéroport. Par le hublot, je vois de gros nuages, des éclairs… je n’aime pas ça. J’arrête d’écrire, je reprendrai plus tard, si Dieu le veut.

On a fini par atterrir et devinez quoi? Les Italiens ont applaudi! Ça y est, je les aime déjà. Après ce pénible atterrissage, mes premières minutes en Italie se déroulent comme un charme. Ma valise sort la première sur le carrousel des bagages et la navette qui se rend à la gare Milano Centrale est là, prête à partir. Au bout de 45 minutes, j’entre dans la gare et trouve rapidement le comptoir des billets; on me dit que le prochain train vers Turin part dans 10 minutes. Vite! Je cours et j’ai à peine le temps de ranger mon bagage et m’asseoir que le vieux treno regionale (train régional) se met en route. On dirait que l’Italie m’attendait… cela dit en toute modestie. Une fois arrivée à Turin, vers 18h00, je prends un taxi pour me rendre à mon hôtel. J’avais appris le trajet par cœur afin de réagir vite au cas où le chauffeur ne me conduirait pas au bon endroit. On ne sait jamais.

Puis je dépose ma valise. Me voilà enfin dans ma chambre à Turin (comme le titre du roman de G. de Cortanze) et elle est parfaite. Je sors, je veux voir Turin avec ses tramways, ses édifices baroques et ses trottoirs sous les arcades. Je me rends à la Piazza Castello, celle que j’ai observée tout l’été sur mon fond d’écran d’ordinateur. Il y a un spectacle musical, plein de monde, une ambiance festive et là, d’un seul coup, je sens monter une immense vague de bien-être et de joie… Il commence à pleuvoir quelques gouttes, mais je reste là à regarder le spectacle et le Palazzo Madama devant moi, le cœur étreint de bonheur. La musique est forte et entraînante et ça «fitte» avec mon état-d’esprit-à-la-Piazza-Castello ce soir-là. Je suis en Italie…

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